I – Introduction

II – DC Comics

III – Marvel Comics

IV – Editeurs indépendants

DC COMICS

Malgré une gestion catastrophique de son univers et une politique éditoriale terrifiante si elle se révèle existante, DC Comics possède en son catalogue des titres pour le moins intéressant. Sa force réside bien en ses artistes, lorsqu’il daigne le laisser exprimer ses idées.

Batman Universe

Scénario : Brian M. Bendis – Dessins : Nick Derington

Vous pensiez ne plus jamais lire de Batman coloré ? Ni même le voir voyager à travers le temps dans des Team-Up improbables ? L’arrivée de Brian M. Bendis chez DC Comics a bien des aspects positifs. Et cette collaboration avec la chaîne de magasins Walmart a livré cette association entre Bendis et Nick Derington (Doom Patrol).

Couleurs vives, aventures farfelues et expérimentation visuelle, ce road-trip aux limites du psychédélique est un petit bijou. Il se dresse aisément parmi les meilleurs titres mainstream de l’année. C’est une plongée dans une nostalgie des titres DC Special, Brave and the Bold et autres titres “spéciaux” des années 70. Ce vent de fraîcheur nous laisse sur cette réflexion : la référence aux récits passés ne constitue-t-elle pas le principe de création des comics d’aujourd’hui ?

The Batman’s Grave

Scénario : Warren Ellis – Dessins : Bryan Hitch

La nostalgie fonctionne. Et le succès de The Batman’s Grave en est la preuve. La promotion du titre ne tournait autour que d’une énième collaboration entre Warren Ellis et Bryan Hitch. The Batman’s Grave n’a pour le moment qu’une construction prometteuse – dont je vous parlais il y a peu sur le site. Mais ce sont là des promesses solides. Seul le développement du récit fera pencher la balance.

La surprise du premier numéro repose essentiellement sur un regain de qualité phénoménal de la part du dessinateur. De son côté, Ellis ne mâche pas ses mots. Fidèle à lui même, et donc à son lectorat, le scénariste développe tout un jeu autour d’une remise en question de l’existence de Batman.

Batman : Curse of the White Knight

Scénario / Dessins : Sean Murphy

La sélection la plus étonnante pour certains, la plus évidente pour d’autres. N’ayant pas été friand du premier White Knight – faute à une exploitation que je trouvais simpliste et très limitée – c’est à tâtons que j’abordais ce second volet. Et surprise ! J’y ai retrouvé ce Sean Murphy que j’avais découvert sept ans auparavant ! Un artiste manipulant à sa guise un univers qui lui est propre, dont il est le seul maître.

Curse of the White Knight n’est pas qu’une suite commerciale. Elle applique cette optique punk, violente et sans limite. En associant cet esprit Punk Rock Jesus au monde du super-héros, Sean Murphy fait perdre ses repères au lecteur, comme au personnage. Son univers s’effondre sous ses pieds et il est incapable de réagir. S’il s’agit d’un objectif similaire au premier volet, Batman est ici bien plus vulnérable. Le récit détruit tour à tour les tenants de la ville de Gotham. Et c’est avec une passion surprenante et malsaine que je me plais et m’empresse de lire les épisodes suivants.

Event Leviathan

Scénario : Brian M. Bendis – Dessins : Alex Maleev

Alors que je redoute généralement l’événement estival (tout éditeur confondu), l’événement Leviathan a plus que piqué ma curiosité. En plus d’une équipe artistique attrayante, son concept vise à révéler un conflit entre sociétés secrètes au grand jour. L’implication d’un Superman désemparé face à un conflit entre sociétés secrètes a de quoi attirer.

On aurait pu s’attendre à bien mieux de la part d’un tel concept. Toujours est-il que l’événement parvient à accorder plusieurs points disparates : l’esprit positif et lumineux recherché par l’éditeur à travers une enquête sombre aux causes obscures. La rencontre entre Maleev et le milieu du comics grand public est particulièrement surprenant, mais grandement apprécié. Et bien que l’écriture de Brian M. Bendis reste imparfaite, le fond du récit et son impact est appréciable. Leviathan est cet outsider dans la course aux événements et autres blockbusterités. Un bon moment passé.

Freedom Fighters

Scénario : Robert Venditti – Dessins : Eddy Barrows

Le retour, en 2019, des héros de guerres créés sur le tard. Qui l’eut cru ? Plutôt que de livrer un autre récit d’origin-story, Robert Venditti ,fraîchement sorti de la débâcle Green Lantern, s’affaire à une sequel. Une fois les nazis victorieux de la seconde guerre mondiale, qu’advient-il de l’équipe ? Elle développe une résistance, profondément mise à mal par les dirigeants et leur tolérance zéro.

Et derrière tout ce patriotisme, le titre va trouver sa renaissance. La maxi-série en 12 numéros mêle action massive, scènes horrifiques et messages socio-politiques. Elle prend son côté kitsch à contre-pied et se fait profondément moderne. Même si ces personnages conservent une allure de héros démodés, ce design classique dénote complètement avec le ton général de la série. Et de ce paradoxe naît l’identité de la série. Une future perle oubliée qui mérite un certain intérêt.

Harleen

Scénario & Dessins : Stjepan Sejic

Incroyable et surprenant dans sa simplicité et son efficacité. Stjepan Sejic se cantonne à la transformation de Harleen en Harley et parvient à la rendre complètement crédible. Surprenant dans sa progression et les événements qui poussent le personnage à se développer et à devenir Harley Quinn, l’intrigue est en soi bien connue. Stjepan Sejic s’accapare l’histoire et respecte les éléments moteurs, mais injecte sa singularité sur le plan graphique, certes, mais surtout dans l’écriture. Il fait du Joker non pas un déjanté manipulateur, mais un criminelle à deux facettes. Son discours peut être reçu au premier comme au second degré, nous plaçant face à un discours d’un réel malade dont on doit se méfier. Un personnage qui réussit aussi bien à berner le personnage principal que son lecteur. Il ne s’agit pas de surfer sur la popularité du personnage, mais bien de livrer un récit neuf avec un personnage qui peine à se construire des récits majeurs. Stjepan Sejic s’attaque à Arkham et livre un récit intelligent et solide à travers une vision qui raviront les amateurs du personnages et de l’artiste. Il a annoncé vouloir réaliser un projet similaire avec le personnage de Poison Ivy. Vivement.

Jimmy Olsen

Scénario : Matt Fraction – Dessins : Steve Lieber

Un titre Jimmy Olsen en 2019 aurait pu donner tout et n’importe sauf cette absurdité, digne référence aux aventures du célèbre père fondateur Jack Kirby. Matt Fraction scande chaque épisode en plusieurs histoires courtes, toutes liées à une même enquête. Il intègre ce fil rouge comme un récit sérieux et noir, mais dont le personnage principal ne fait que jouer au détective et sème une pagaille surréaliste autour de lui. Transformation en tortue de l’espace et bien d’autres, Matt Fraction prend le risque de rompre avec l’intrigue principale. Et pourtant, en mêlant les deux opposés, et avec un soin méticuleux, il parvient à trouver une harmonie entre cette science-fiction gentillette des années 60 à notre enquête sombre. Chaque aventure apporte son lot d’indices, nous laissant chercher à la place de Jimmy, tout en nous faisant poser les bonnes questions. L’importance n’est pas qui, mais comment accuser une personne d’importance. Et c’est en se dressant face aux complications d’une véritable enquête que le titre trouve sa force en tant que comics policier. Un must-have rempli d’humour.

Lois Lane

Scénario : Greg Rucka – Dessins : Mike Perkins

Autre enquête, qui fait de l’événement Leviathan un événement aux conséquences positives sur quelques publications DC, celle de Lois Lane. DC fait appel à un maître du polar, Greg Rucka, et soutire l’artiste Mike Perkins qui venait de terminer Carnage chez Marvel aux côtés de Gerry Conway. Particulièrement sombre, Lois Lane est un titre qui inspire le calme et la vie courante et trépidante d’une femme comme Lois Lane. Greg Rucka oblige, on se plaira à retrouver The Question et une enquête teintée de crasse jusqu’à son dénouement. En espérant que la conclusion soit bien plus satisfaisante que celle de l’événement déjà cité, Lois Lane a ce mérite de partir sur des bases bien plus solides et une enquête qui ne s’oriente pas vers de l’action super-héroïque. Un titre qui aurait gagné à se faire indépendant, mais se veut hautement connecté aux événements écrits par Bendis. Dommage.

The Green Lantern

Scénario : Grant Morrison – Dessins : Liam Sharp

Esprit anglo-saxon et histoire hautement référencée, Grant Morrison envoie balader l’ensemble du run de Venditti pour notre plus grand plaisir ! A la fois provocant et profond tout en se voulant décomplexé, il vous faudra vous accrocher pour suivre les nouvelles aventures de Hal Jordan. The Green Lantern est avant tout un comics d’aventure, l’exploration d’un univers, dans ses parties les plus démentielles et les plus infimes. Comme pour tout, Grant Morrison se plaît à révéler des secrets, et jouer avec les artefacts oubliés de l’univers DC. Le scénariste n’a aucune retenue dans le contenu de son récit, rythmé par des cliffhangers osés. Hommage aux comics cosmiques des années 70/80, il forme avec Liam Sharp un duo fabuleux.

The Wildstorm

Scénario : Warren Ellis – Dessins : Jon Davis-Hunt

Parmi les plans lancés par DC et rapidement oubliés, The Wildstorm est ce titre qui a vu trop grand pour un univers réservé à un public de niche. Avec une maxi-série publiée sur deux ans, l’éditeur était un peu trop confiant malgré la complexité du titre regroupant l’univers Wildstorm dans une version plus adulte et plus réfléchie. Warren Ellis conçoit Wildstorm comme une révision de l’univers tout en étant une suite. C’est une course au pouvoir, une guerre entre sociétés secrètes. La série est extrêmement lente et s’est achevée cette année dans un final explosif. The Wildstorm se termine dans un silence étonnant dans la sphère comics alors qu’il s’agit certainement du titre DC le plus élaboré depuis Mister Miracle.

Chaque épisode se révèle digne d’un graphic novel, une prouesse technique de la part de l’artiste, mais un univers trop riche en informations et en non-dit qui peut rebuter dans son premier volume. Soyez rassurez, la lecture en format relié est bien plus simple et le titre est un bon moyen d’entrer dans cet univers, livrant même ma version préférée de l’univers Wildstorm. Ne reste plus qu’à espérer voir un jour fleurir la suite promise depuis si longtemps, le fameux titre Wildcats annulé au dernier moment par l’éditeur en Septembre 2019.

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