I – Introduction

II – DC Comics

III – Marvel Comics

IV – Editeurs indépendants

EDITEURS INDÉPENDANTS

Par éditeurs indépendants, j’entends tous éditeurs confondus. D’Aftershock à Valliant en passant par Boom et IDW. Si j’insiste sur ce point, c’est que j’ai eu la surprise de remarquer que des titres indépendants que j’ai gardé pour ce bilan, il ne reste que des titres Image Comics. Malgré les recommandations ci-dessous, je ne peux que vous recommander également de jeter un œil chez ces autres éditeurs. Car un coup de cœur est pleinement personnel, tout comme Second Coming n’a pas été la révélation promise, j’ai pu passer à côté de certains titres qui pourraient bien vous plaire.

Middlewest

Scénario : Skottie Young – Dessins : Jorge Corona

Sorte de fameux mélange entre I Hate Fairyland et God Country croisé avec Le Petit Prince, Middlewest a pour noyau une étrange relation père-fils dont la crise va propulser l’histoire à un tout autre degré. Accompagné de son renard parlant, le jeune Abel va devoir prendre sur lui et subir un exil qui va se transformer en un voyage initiatique à travers lequel il va se découvrir lui et ses origines. Plus qu’un problème familial, c’est un univers magique qui va s’offrir à Abel dans lequel il va devoir évoluer. Malgré toute la fantaisie gravitant autour, les relations sont profondes et terriblement crédibles. Scottie Young fait la part des choses et peut tout aussi bien faire intervenir des personnages secondaires tenant lieu de caricature ou de personnage-outil que des personnages avec un caractère fort à qui il réserve des scènes fortes. Le scénariste semble prendre le même chemin que Jeff Lemire à travers un récit fantastique à forte valeur émotionnelle dans le thème de l’introspection et des relations familiales.

Somehting is Killing the Children

Scénario : James Tynion IV – Dessins : Werther Dell’Edera

Mon coup de cœur de l’année est assurément Something is Killing the Children. Je voyais jusque là James Tynion IV comme un scénariste à tout faire. Il s’est montré capable de gérer des titres comme Talon et d’exceller avec Detective Comics. Une reprise loin d’être simple, mais qui a su souder, un certain temps, la Bat-family. Avec ce titre indépendant, il nous raconte l’histoire de monstres dévorant des enfants. Face à ces massacres, la police est désarmée. Mais c’est à travers le regard fébrile d’un enfant rescapé que nous allons découvrir lentement la lutte secrète entre une jeune fille se dressant contre les monstres tueurs en série. Au milieu de ce carnage, les adultes vont tenter de résoudre ce mystère sans comprendre que leur point de vue est biaisé. James Tynion IV fait de l’enfance un pouvoir et va développer plusieurs problématiques autour de la perte d’un proche pour nourrir son intrigue.

En plus d’un scénario palpitant, le titre profite des qualités de son artiste. Dans un univers livide aux couleurs pâles, aucune émotion n’en ressort si ce n’est une profonde mélancolie et une impuissance du monde adulte face au massacre silencieux. Wether Dell’Edera joue sur les formes, profite des angles et du manque de visibilité pour susciter la peur. Techniques connues mais dans un contexte sordide, où les nœuds profitent au titre créant de véritables cliffhangers.

The Weatherman

Scénario : Jody LeHeue – Dessins : Nathan Fox

Après l’explosion qu’a été le premier volume de The Weatherman en 2018, l’équipe créative remet le couvert pour un second volume dans un autre registre tout aussi palpitant. Suite à la chasse à l’homme délirante, nous découvrons les restes d’une civilisation décimée et les conséquences de cet acte terroriste autour duquel gravitait toute l’intrigue précédente. Directement connecté au premier volume, il vous faudra reprendre l’album précédent pour bien comprendre cette histoire, malgré un univers vaste qui conserve volontairement ses secrets.

Le récit tire sa force non seulement de son écriture mais également de sa représentation bien particulière tout en contraste. Même s’il peut se montrer parfois très verbeux, The Weatherman est un titre d’action, qui s’oriente désormais vers un aspect presque horrifique. Un genre souvent associé à des effets d’ombre accentués. The Weatherman reste fidèle à ses couleurs éclatantes et à la naïveté de son personnage principal.

The White Trees

Scénario : Chip Zdarsky – Dessins : Kris Anka

En seulement deux numéros, The White Trees s’impose comme une lecture obligatoire et un renouvellement surprenant de l’heroïc-fantasy moderne. L’intrigue est pourtant simple, un récit de vengeance entre clans dans un univers fantastique. Mélange d’influences japonaises, de Conan et des Maîtres de l’Univers, The White Trees est l’histoire d’un père cherchant à venger sa femme et son fils. Cette nouveauté n’est pas dans l’histoire, mais dans sa réalisation. Kris Anka parvient à développer un cara-design simple et efficace, entre elfs musclés et barbares au regard doux, donnant cette lecture érotico-gay perturbante pour un lecteur de l’autre bord.

Néanmoins, cet érotisme est bien léger, quasi imperceptible, très loin de gêne que peut provoquer la pornographie brutale de Brian Azzarello avec Faithless. The White Trees est un comics d’aventure et d’action coloré, un univers simple dont on aimerait en apprendre plus. Malgré une histoire simple, c’est une technique dans sa forme qui fait de The White Trees l’un des meilleurs comics de cette année 2019.

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