I – LA PÉRIODE FOX / CHARLTON (1939-1965)

II – APPROPRIATION PAR DC COMICS (1986-1998)

III – PASSAGE DE FLAMBEAU (1994 – 2006)

IV – BLUE BEETLE : TROISIÈME GÉNÉRATION (2006 À NOS JOURS)


IV – BLUE BEETLE : TROISIÈME GÉNÉRATION (2006 À NOS JOURS)

1 – JAMIE REYES : L’ÉTERNEL APPRENTI

Après la mort de Ted Kord, l’univers DC réalise l’avertissement du héros qu’on ne prenait pas au sérieux et la gravité de la situation. Durant Infinite Crisis #3, un jeune homme du nom de Jamie Reyes entre en contact avec un scarabée bleu d’origine extra-terrestre alors que les OMAC étaient repoussés par les héros locaux. L’événement Infinite Crisis va compter bon nombre de conséquences, dont l’arrivée d’un nouveau jeune super-héros, le troisième Blue Beetle.

Blue Beetle (VO) (2007)

Créé par Keith Giffen et John RogersJaime Reyes trouve son origine avec sa propre série. Son action lors de Infinite Crisis devient un problème personnel, et a provoqué l’oubli d’une année complète. Une année, où l’armure a voyagé dans l’espace avant de le ramener sur Terre. Le récit est passionnant. Les scénaristes prennent soin d’approfondir les relations familiales, autant que celles avec l’univers DCBlue Beetle trouve sa caractérisation individuelle, même si elle se rapproche grandement de celle de Mark Grayson dans Invincible (Image Comics).

Le titre se démarque également par son esthétique colorée et simpliste. Il profite de nombreux artistes invités pour remplacer Rafael Albuquerque (American Vampire, All-Star Batman) qui signe la majeure partie des numéros. 

Blue Beetle, malgré son statut de personnage secondaire, s’expose comme résultant d’un procédé créatif sérieux. Le titre possède une identité artistique, et suit les conséquences d’une origine tout le long du titre, oscillant entre les aventures annexes avec les Teen TitansSuperman et bien d’autres.

Cependant, sa conclusion est particulièrement abrupte et incomplète. Résultat d’un arrêt imprévu, et d’une précipitation des scénaristes, qui semblaient avoir planifié leur récit sur plusieurs années. Autre problème, cette série n’a pas connu d’autre réédition que celle en TPB (albums souples) de l’époque, qui se font de ce fait difficiles à trouver, ou à des prix exagérés.

Teen Titans #50-100 (VO) (2008)

On tend à oublier que le titre Teen Titans des années 2000 ne s’est pas arrêté avec le départ de Geoff Johns. Sean McKeever reprend les rennes et étend l’équipe en faisant de Blue Beetle le petit nouveau. Après Teen Titans #50, le personnage revient régulièrement, jusqu’à intégrer par la suite l’équipe menée par Tim Drake. Malgré les changements d’équipes créatives, Blue Beetle reste un membre intégré à l’équipe. Les aventures varient autant que leurs qualités, mais l’intégralité de cette série Teen Titans possède la qualité essentielle : une équipe charismatique.

Blue Beetle n’est pas réellement mis en avant, et n’évolue pas. Teen Titans n’a pas d’autre incidence sur le personnage que le fait de l’intégrer à l’équipe de jeunes héros; Et c’est pourtant suffisant. Car Jaime Reyes est un personnage jeune, créé quelques années à peine, et qui profite déjà d’une intégration auprès de l’équipe officielle de jeunes héros.

Devenir membre des Teen Titans, c’est confirmer la réussite de cette nouvelle création. De plus, les Teen Titans n’ont connu que des titres désastreux depuis les derniers numéros de cette série en 2011. Malheureusement, pas de VF, et aucune réédition VO depuis.

Justice League : Generation Lost (VO) (2010)

justice league generation lost cover

Loin d’être le moyen recommandé pour découvrir Blue Beetle, c’est une suite passionnante et surprenante que livrent Judd Winnick et Keith Giffen. Suite directe à Justice League International et Infinite CrisisMaxwell Lord est de retour. Il est l’homme le plus recherché au monde. Fin stratège, il réussit le coup de persuader le monde qu’il n’existe pas. Seuls certains membres de JLI se rappellent de leur ancien collègue. Cette poignée de héros oubliés vont se réunir aux côtés du nouveau Blue Beetle et pourchasser Maxwell Lord.

Ce titre possède une force tragique exceptionnelle. Malgré ses couleurs vives et son style mettant en valeur l’action, le drame s’impose. Tragédie sur tragédie, ce ton dramatique est une évolution à laquelle on conçoit sans difficulté.

Après une période heureuse (JLI), puis une crise (Infinite Crisis), l’énième réunion ne pouvait se faire autrement que dans les larmes suite à Brightest Day. Du côté de Blue Beetle, son implication s’explique par l’intérêt qu’il porte envers son prédécesseur. Un caractère propre à tout porteur du nom. Encore une fois, aucune réédition en VO, ni de traduction en France.

2 – ET AUJOURD’HUI ?

Depuis 2011 et la grande opération New 52 de DC ComicsBlue Beetle a connu bien des tentatives pour le conserver comme le super-héros adolescent de la firme. Et pourtant, il aurait mieux fallu l’oublier.

Blue Beetle New 52 (2011)

En 2011, on arrête son titre régulier pour le relancer « version New 52 ». Le changement : les scénaristes laissent leur place à Tony Bedard. Il tente de rassembler les éléments ayant fait la réussite de la série précédente, et revoir sa conclusion à travers une confrontation entre Blue Beetle et Black Beetle.

jaime reyes new 52

Adieu finesse des relations et relation familiales touchantes, Tony Bedard tente une réécriture simpliste. Confrontation sur confrontation, Blue Beetle est réduit à l’idée de chevalier de l’espace, lié à une race extra-terrestre. Exit la tonalité dramatique et l’intensité des aventures, on se concentre sur l’action et les rebondissements les plus faciles. L’éditeur perçoit la chute des ventes et finit par annuler le titre. Pour plus de détails sur l’intégralité des comics Blue Beetle New 52, je vous renvoie à ma critique du volume 1 et du volume 2.

Blue Beetle Rebirth (2016)

Blue Beetle est absent du catalogue de DC Comics jusqu’en 2016. L’opération Rebirth marque son retour, mais également celui de Keith Giffen au scénario, aux côtés de son compère de Justice League International J. M. Dematteis. Pour illustrer leur projet, c’est leur ami commun Scott Kollins qui les accompagne.

Tout est fait pour que Jaime Reyes fasse son grand retour. Mais encore une fois, Blue Beetle n’est que l’ombre de lui-même. Blue Beetle Rebirth n’est autre qu’une énième origin-story d’un héros adolescent. Lourd de clichés, le scénario ne parvient pas à redonner le moindre intérêt au personnage, ni à user d’une même finesse. Comble pour le récit, l’éditeur et les scénaristes ont voulu réintroduire Ted Kord en tant que mentor. C’est à dire rompre la notion de succession et de sacrifice qui symbolise le nom de Blue Beetle. Qui plus est, ce Ted Kord est écrit à la manière d’un Tony Stark moderne. Agaçant, l’humour est du même acabit : idiot et forcé.

Dernières apparitions : Injustice 2, Heroes in Crisis et Terrifics

Cependant, Ted Kord fait bien son retour. Vous pouvez le retrouver dans le titre Injustice 2, où il tient un destin similaire : bref et intense. Et c’est bien ironique de voir une adaptation comics d’un jeu de combat, mieux réussir l’exercice d’écriture d’un personnage, issu de comics.

Par la suite le duo Blue & Gold a fait une apparition touchante lors de Heroes in Crisis. Son scénariste Tom King frappe fort en associant de nouveau le duo Blue & Gold dans une page déjà mémorable (cf. Heroes in Crisis #4). On ne sait si Ted Kord est bien vivant, ni comment il a pu revenir. Anecdotique, mais plein d’espoir, revoir ces meilleurs amis réunis à nouveau nous assure que ce souvenir n’est pas perdu et peut toujours être réanimé.

Blue Beetle est un héros de toute forme. Il a changé à plusieurs reprises d’éditeur, d’identité, de pouvoirs et d’apparence. Ces trois héros ne font qu’un, et témoignent d’une capacité créative que peu de personnages ont pu réaliser jusqu’alors. Ils expriment chacun une époque, une passation, et défendent pourtant de mêmes valeurs : la justice jusqu’à la mort.

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