I – LA PÉRIODE FOX / CHARLTON (1939-1965)

II – APPROPRIATION PAR DC COMICS (1986-1998)

III – PASSAGE DE FLAMBEAU (1994 – 2006)

IV – BLUE BEETLE : TROISIÈME GÉNÉRATION (2006 À NOS JOURS)


II – APPROPRIATION PAR DC COMICS (1986-1998)

L’éditeur Charlton Comics était bien entendu en fin de vie. Le principe de louer ses licences est extrêmement rare entre éditeurs, et témoigne de lourdes difficultés financières. DC Comics fort d’un certain succès avec quelques titres à succès (New Teen Titans, Fury of Firestorm) rachète les droits de Blue Beetle, The Questionet Captain Atom. Les personnages secondaires de l’éditeur fonctionnant bien, et avec un événement d’envergure dans les cartons, l’éditeur espère bien étoffer son univers et attirer avec ces nouvelles licences.

1 – TED KORD : LA REMISE À NIVEAU

Premier d’une série d’événements ayant marqué l’univers DC, Crisis On Infinite Earths marque également un véritable tournant pour notre personnage. Durant les événements de cette première crise, Ted Kord apparaît pour la première dans l’univers DC.

Le personnage ne fait qu’une brève apparition, et l’événement ne sera plus réellement mentionné par la suite dans son histoire personnelle. Toutefois, par simple intérêt historique, il est bon de rappeler un classique qui voit arriver les personnages du Charlton.

Secret Origins #2

On touche à un numéro essentiel. Secret Origins est créé dans le but de clarifier les origines des personnages de l’univers après la crise. La continuité est modifiée, et DC réintroduit ses personnages de Terre-2. Secret Origins rappelle ce qui est canonique. Si aujourd’hui on trouve cela répétitif et peu pertinent, le titre se focalisait sur des personnages peu connus, et faisait l’objet de bien des découvertes.

Ecrit par Len Wein, le dessinateur de légende, Gene Colan, reprend les crayons. Dans ce numéro, nous assistons aux origines de Ted Kord. Alors que Steve Ditko imaginait une dualité entre les deux tenants du titre, Len Wein présente un héritage, malgré les divergences. Pleinement canonique et comprenant des informations inédites, ce numéro présente une histoire culte qui sera ressassé tout au long de l’existence de Ted Kord. Il n’a pourtant jamais été réédité en VO, et n’est disponible en VF que dans le onzième numéro des Défenseurs en VF.

Blue Beetle (1986, DC Comics)

Len Wein s’investit de la lourde tâche d’introduire officiellement Blue Beetle un nouveau super-héros, que DC Comics vient de s’approprier. Avec Paris Cullins et Ross AndruLen Wein va tenter de conserver et respecter l’héritage de Steve Ditko qui est alors un artiste aussi timide qu’adulé des lecteurs. Avec le regard actuel, on juge facilement le style de Paris Cullins. Presque caricatural, celui-ci grossit les traits du visage, et peut déranger. Toutefois, il apporte une identité au titre, et l’artiste fait preuve d’une amélioration remarquable au fur et à mesure.

On se laisse facilement séduire par le charme atypique des ennemis comme Chronos ou des Madmen. Souvent comparé à BatmanBlue Beetle en serait sa version bienveillante et joyeuse. Athlète, il ne s’enveloppe pas dans une légende d’être invincible. Le premier numéro le laisse sous les décombres d’un immeuble enflammé, alors qu’il tentait d’arrêter un dangereux pyromane : Firefist.

blue beetle question dc comics

Len Wein l’inscrit déjà parmi les héros de seconde zone, non pas en mal, mais pour lui conférer une aura différente des autres héros. Plutôt que de laisser le lecteur percevoir le titre dans l’ombre des plus vendeurs, il le laisse assumer son rôle de héros secondaire. Sorte de Peter Parker associé à la richesse d’un Bruce WayneTed Kord est présenté comme un homme riche, maladroit et mal à l’aise dans ses relations avec les autres, mais fort d’une bonne volonté et d’un optimisme à toute épreuve.

Loin des grandes saga cosmiques, Blue Beetle est un héros urbain se souciant des problèmes humains. Les siens le rattrapent également bien souvent. Malheureusement, le titre parvient à peine à survivre et s’éteint après 24 numéros.

Lire Blue Beetle : VO / VF

On peut retrouver l’intégralité de cette série en VO, en noir et blanc, dans l’édition DC Showcase. Pour la version couleur, il faudra s’amuser à rechercher l’ensemble des singles d’origine, ou passer par la version numérique.

En France, les premiers épisodes ont été publiés dans le magazine Artima Les Défenseurs #9-10. A noter, que le onzième numéro comporte le numéro Secret Origins #2 qui présente la relation et la passation de pouvoir entre Dan Garret et Ted Kord, alors qu’aucun autre numéro de Blue Beetle ne sera traduit. Et pour cause, le douzième signe l’arrêt du magazine Les Défenseurs.

Les années 80 ont été dures pour DC, et expliquent en partie la méconnaissance de l’univers du public français, et son manque de popularité. Blue Beetle fait partie de ces personnages grandement touchés par cet arrêt de publication, alors qu’une fan-base reste encore présente aux Etats-Unis.

2 – INTÉGRATION À L’UNIVERS PARTAGÉ

Legends / La Légende de Darkseid (VO/VF) (1986)

Entre temps, DC compte relancer l’équipe de la Justice League ! Celle-ci avait perdu énormément en réputation après la direction prise par Gerry Conway en 1984, qui avait tenté de leur donner une lecture plus sociale, en remplaçant tous les membres par de jeunes héros créés par ses soins. Crisis On Infinite Earths a effacé toute trace de l’existence de la Justice League de Detroit, et DC confie la tâche de reformer la Justice League à John Ostrander (Les Archives de la Suicide Squad) et John Byrne (Superman : Man of Steel, Uncanny X-men) avec la mini-série Legends.

Cette Justice League regroupe les membres fondateurs, avec la Trinité, mais voit arriver également Blue Beetle. Son lien avec l’histoire racontée est minime, et ses actions peu compréhensibles, la faute à une direction éditoriale cherchant à rendre essentiel les (nombreux) tie-in. Legends est un événement qui, pour bien être compris, nécessitait d’acheter tous les tie-in, en plus des numéros principaux.

En France, très peu de tie-in ont été publié (pas plus de cinq), et aucun n’a été réédité. Qu’il s’agisse de l’édition Semic de 2004, ou l’édition d’Urban Comics intitulée La Légende de Darkseid, les éditeurs français se sont contentés de la mini-série.

Si on comprend tout à fait le traitement de l’histoire principale, il en est tout autrement concernant certains personnages comme Blue Beetle ou la Suicide Squad. On ne peut donc vraiment juger cet événement, qui reste incomplet. Toujours est-il que Legends reste un récit à conseiller, voyant Blue Beetle s’intégrer de manière concrète à l’univers DC, avant d’intégrer véritablement la Justice League avec Justice League International.

A noter : DC Comics compte regrouper les tie-in essentiels en un album broché en VO. La date de parution ne cesse d’être repoussée, mais sa publication reste maintenue.

Justice League International (VO/VF) (1987)

Justice League International est la nouvelle Ligue de 1988. Exit les membres fondateurs, Batman tient la tête de cette nouvelle équipe aux côtés de Martian Manhunter. Le principe : redorer le blason de l’équipe, et surtout le moderniser.

L’équipe se prend bien moins au sérieux. Une vie familiale s’y instaure, plutôt qu’une vie professionnelle. Blue Beetle y trouve son meilleur ami, Booster Gold. Avec la fine équipe composée de Maxwell LordOberonGuy GardnerFireIce et Booster Gold, Blue Beetle se retrouve comme membre très secondaire, mais se forge également sa réputation dans ces numéros. Les auteurs J.M. Dematteis et Keith Giffen parviennent à lier aventures épiques et dialogues comiques sans jamais lasser le lecteur.

On assiste là à toute une flopée d’antagonistes comiques créés par ces esprits fous, qui ont eu l’idée de partir d’un conflit géopolitique pour s’orienter vers une location des services de ces héros de seconde zone. Justice League International est une parfaite auto-dérision des difficultés de l’éditeur à relancer sa Justice League, tout en reflétant un paysage géopolitique très instable.

Cette période se termine avec l’arc massif qu’est Justice League : Breakdowns, qui brise le statut initial de cette ligue avec la géopolitique. Un arc d’envergure réédité il y a peu en VO. Pour la VF, Urban Comics avait entreprit une publication de la série, mais n’ayant pas trouvé son public en France, la collection a été interrompue après son second volume.

Superman and the Justice League 1-2 (VO)

superman and the justice league

Désormais menée par Superman, l’équipe tente de retrouver son sérieux, plus nuancé, l’équipe bien ancrée dans son rôle de défenseurs va néanmoins devoir faire face à un événement marquant. Et cet événement n’est nul autre que La Mort de Superman, écrite et dessinée par Dan Jurgens. En soi, Superman and the Justice League n’est pas une lecture nécessaire pour lire cet arc, mais il n’est pas un point d’accès recommandé. Le rapport à Ted Kord réside dans cette association de Superman à la Ligue. 

Doomsday se dirige dangereusement en direction de Metropolis, alors que Superman est occupé. La Ligue est forcée d’intervenir pour essayer de l’arrêter. Cette équipe bien moins puissante, peine à rivaliser. L’équipe est à terre, lorsque Blue Beetle, uniquement armé de son pistolet paralysant, se relève face au monstre. Doomsday l’attrape à la gorge. Cet affrontement se retrouve comme un élément marquant dans les recueils de La Mort de Superman, révélant la faiblesse des protecteurs de la Terre, faisant de Superman le seul et unique rempart entre le monstre et la destruction de ce monde.

Seulement, par la suite Ted Kord se retrouve hospitalisé. Il gardera de cet affrontement des séquelles, et s’enfermera dans une forme de dépression. Le héros prend du poids et raccroche le costume. Cette information définira Ted Kord durant plusieurs années, et reste gravé dans l’histoire du personnage au point d’être évoqué dans DC Legacies #10 en 2011.

Numéros marquants :

  • Justice League International #1-25
  • Justice League America #29
  • Justice League America #34-35
  • Justice League America #37
  • Justice League Quarterly #9 ; 14
  • Justice League : Breakdowns (#53-60)
  • Justice League America #69-71

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