On vous la refait ? En 2008 sortait Iron Man de John Favreau. Le film sort Robert Downey Jr. d’une situation délicate, le propulsant avec Iron Man 2, puis Avengers, comme star d’Hollywood. Avec le personnage qu’il incarne à l’écran et dans l’actu people, il participe à l’ascension de ce qu’on appelle aujourd’hui le “MCU“. Le Marvel Cinematic Universe.

Iron Man, Thor, Captain America, que de films dont les lecteurs rêvaient lorsqu’ils étaient gosses. Et pourtant, l’accueil réservé à ces adaptations divise énormément dans son milieu. Que s’est-il passé ? Le fan de comics qui sommeil en chacun de nous a-t-il rendu son dernier souffle ? L’enfant a-t-il véritablement laissé place au vieux ronchon ?

Attentes d’enfants, adaptations pour enfants

Il fallait s’y attendre. Les super-héros ont bien réussi à percer dans le culture populaire. Ils se sont propulsés grâce à un nouveau média qui leur a permis de survivre – conclusion du documentaire Marvel Renaissance. Mais voir le futur du comics au cinéma, ce serait se résoudre à tuer le comics. Car ces films, produits par Disney, sont bien loin de satisfaire les fans, car ils ne visent aucun public, mais une masse. Et cibler la masse, à travers l’aura propre aux super-héros, le pari était forcément gagné.

Le film de super-héros était un rêve d’enfant à rendre réel. Malgré la qualité des adaptations, ou bien même en tant que film, ces produits sont une chance pour ces enfants. Ils sont ceux que nous aurions apprécié voir étant plus jeune. Lire des comics nous a rendu de plus en plus exigeant, ce qui forme l’expertise, et notre capacité à reconnaître un bon comics d’un mauvais. Différencier le comics développant des idées singulières (Mister Miracle, Silver Surfer Black, en ce qui concerne les maisons mères), des simples objets de consommation (Justice League, Savage Avengers, Batman and the Outsiders, …).

En quoi ces adaptations sont-elles bonnes pour les plus jeunes ? Elles se dirigent vers l’essentiel. A quoi reconnaît-on un héros ? Quelles valeurs sont-elles dignes d’être portées ? Des messages simples, voir naïfs, mais qui sont inédits à cette masse, et ce “grand public” qui ne s’était jamais intéressé jusque là au super-héros. De la moquerie, le super-héros est devenu phénomène de mode. Et cette reconnaissance, c’est unifier la culture de l’enfant à celle des parents, comme de l’adolescent.

Miroir social et influence

Le Marvel Cinematic Universe comme miroir social, est surtout perceptible avec le volet Avengers : Endgame. Outre la qualité de ses références ridicules, le film se fait porteur des voix d’Hollywood, et met à pied égal les personnages féminins comme masculins. Effet #MeToo, représentation de la femme évolutive, Marvel se fait haut-parleur. Il n’est pas précurseur, et ne diffuse que des messages en vogue, mais possède cette force d’impulsion et tient ce rôle de soutien à des valeurs et des idées qui le méritent.

On se souviendra du film Avengers (2011), et de Scarlett Johansson dans le rôle de Black Widow. Les retours de l’unique personnage féminin membre de l’équipe se résumait à son inutilité et sa combinaison moulante laissant grandement apparaître ses formes. Les studios et la production ont ce mérite de chercher à faire évoluer les tares du comics et ses clichés, comprenant la sexualisation.

Vient ensuite une capacité d’influence générale. Avengers a révélé le potentiel du film de super-héros comme produit grand public. Depuis, beaucoup s’y sont essayés. Des grosses productions (Time Warner, Fox, Sony, Universal… ). Comme des productions indépendantes (On l’appelle Jeeg Robot, VS). Le MCU possède cette influence générale, et se présente comme exemple des productions super-héroïques (ce qui est tout à fait discutable).

Parmi ce Marvel Cinematic Universe, certains films s’écartent et portent une aura bien différente. C’est le cas des Gardiens de la Galaxie dont la bande-originale continue d’influencer les productions actuelles. James Gunn a su consolider ce pont générationnel entre la découverte du plus jeune et le souvenir du plus âgé. Une influence poursuivie avec Thor Ragnarok, l’OVNI du catalogue, de Taika Waititi.

Films à personnages

Le super-héros n’est pas résigné à être porteur d’un unique message, comme il n’est pas résigné à n’être qu’un personnage. Les films de la franchise se contentent pourtant d’introduire un personnage, et ensuite de les faire se rencontrer pour donner un semblant de densité. Un film se résume bien souvent à un personnage. Films à acteurs, films à personnages, même recette. Faut-il donc s’étonner du succès d’Avengers qui promettait la rencontre des nouvelles stars ? Il en va de même pour chaque volet qui introduit de nouveaux personnages, et promet toujours de nouvelles rencontres.

Marvel Studios, fleuron d’Hollywood, pouvions nous nous attendre à mieux ? Sans aucun doute. Mais notre exigence doit être consciente. Pourquoi le Silver Surfer était-il absent lors de ce pseudo Infinity Gauntlet ? Pourquoi Warlock n’est pas apparu ? Question de simplifier, de ne pas faire d’ombre à ses acteurs phares. L’adaptation parfaite ne sera jamais. Contentons nous de cette comédie familiale aux particularités plus ou moins osées.

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