I – Découvrir les X-men

II – Les Intégrales (I) : 1963 – 1975

III – Les Intégrales (II) : 1975 – 1999

IV – Les années 2000

V – L’Ère du Messie

VI – Marvel Now, Reboot ?

VII – Récits Recommandés


 V – L’ÈRE DU MESSIE

ASTONISHING X-MEN (2005)

La vision “moderne” des X-men passe par Astonishing X-men. Les divers points d’accroche ou ratés (je ne vous ai pas parlé volontairement de Magneto War ou Hunt for Xavier), ne satisfont pas l’éditeur. Marvel cherche toujours un renouveau accessible au grand public. Une sorte de Grant Morrison qui pourrait développer une vision durable et solide, mais surtout simple de l’univers mutant. En somme, un nouveau Chris Claremont.

L’éditeur décide de lancer une nouvelle série se suffisant à elle seule. Et capable de mener une toute nouvelle direction à l’équipe. La volonté est bien celle de répéter le succès d’antan par une équipe charismatique.

Astonishing X-men s’appuie sur les personnages les plus charismatiques. Joss Whedon, alors scénariste, va jouer de fils similaires à celui de son plus grand succès : Buffy contre les Vampires. La gestion de l’équipe n’est en rien un problème pour lui. Et mettre en scène de manière simple des aventures modernes, tout en jouant des relations, correspond à ses tropes usées dans ses travaux précédents. Sans le savoir, il va relancer les X-men pour une dizaine d’années.

Joss Whedon emprunte beaucoup aux caractères définis par Grant Morrison. Il va creuser les possibilités déjà bien évoquées entre Cyclops et Emma Frost pour en faire les figures les plus importantes de l’univers des années 2000. Il recréé à sa manière le principe des X-men. Et comme Chris Claremont, il invente de jeunes mutants au fur et à mesure. Ces histoires redonnent progressivement vie à l’institut. Mais avant tout, il va introduire le jeune lecteur à cet univers moderne. Astonishing X-men est le point d’entrée moderne par excellence. La série engage un lancement dans une saga passionnante et d’une facilité sans équivalent. Son impact est tel qu’elle inspirera la série animée Wolverine and the X-men quelques années plus tard.

LE COMPLEXE DU MESSIE (2007)

Ainsi, les mutants sont de moins en moins nombreux et tous persécutés. Alors, les X-men vivent cachés. Le Complexe du Messie va venir bouleverser ce statut initial. L’événement a pour objectif de rendre l’équipe plus active. Il va l’engager dans la défense des mutants. Le Complexe du Messie est le mouvement qui va entraîner les événements suivants et bouleverser régulièrement l’univers mutant. L’événement concrétise et pousse un peu plus la nouvelle caractérisation de Cyclops, en s’appuyant sur son expérience passé. Dans un respect du personnage, la Saga du Messie va voir évoluer un univers mutant marginal – et extrémiste.

ET ENSUITE ? X-FORCE / LA GUERRE DU MESSIE / X-NECROSHA (2007-2010)

Parmi les conséquences du Complexe du MessieCyclops va former une nouvelle X-Force, cette fois-ci en lien avec l’équipe mutante. Il s’agit d’une force spéciale dirigée d’une main de bête par Wolverine. L’équipe comprend des personnages sombres et violents. Ils seront amenés à faire ce que les X-men refuseraient en temps normal. A travers des histoires dramatiques et sanglantes, Christopher Yost est accompagné de Clayton Crain (Venom VS Carnage).

Au fil de son histoire, X-Force va s’approprier une identité, un esprit singulier autour du personnage de Wolverine. Le chef d’équipe assume entièrement sa bestialité. Une équipe de Black Ops décidés à agir sans discuter et protéger coûte que coûte les mutants réduits à un faible pourcentage sur la planète. Logan développe une relation avec Domino et affirme un rôle de mentor auprès de X-23. Elle-même possédant une relation avec un autre jeune mutant. Comme si cette cruauté régulière était commune au point de ne pas modifier leur manière de considérer les relations humaines.

Les missions opérées ont pourtant un but, faisant de X-Force un fil conducteur menant aux prochaines étapes de la Saga du MessieLa Guerre du Messie. Entre celui-ci et le dernier événement relatif à la saga, X-Force possède son propre petit événement intitulé X-Necrosha. Plus ou moins dispensable, il possède quelques impacts non-négligeables auxquels les mutants font références par la suite.

ET ENSUITE ? X-MEN / Dark X-MEN : UTOPIA (2009)

Alors que le Dark Reign s’installe avec Norman Osborn à la tête d’une équipe de super-vilains reconvertis venus remplacer les Avengers, les mutants ont trouvé refuge en Californie et vont être victimes d’une violente attaque. Sans avoir besoin de lire et comprendre Dark ReignUtopia est une petite saga essentielle à la compréhension du statut des mutants. Car elle amène à la réalisation de l’idéal de Cyclops. Essentiellement constitué de scènes d’affrontements, Utopia est un récit intéressant pour ses conséquences.

ET ENSUITE ? NATION X (2010)

Publié dans Uncanny X-men #515-522Nation X fait suite à Utopia et la création de l’île refuge. Cette réappropriation de l’idée de refuge mutant prend une toute autre dimension sous la plume de Matt Fraction. Assez long, cet arc présente l’évolution de cette jeune nation mutante – qui n’est pas sans raisonner dans l’actualité géo-politique de l’époque. Un passage souvent oublié, mais qui n’est pas à négliger. Il introduit de nouveaux acteurs importants et une relation entre l’univers mutant et atlante. Quelques notions qui constituent le fil rouge des aventures suivantes – non-mentionnées ici.

ET ENSUITE ?  LE RETOUR DU MESSIE (2010)

Introduit par le récit Cable : HomecomingLe Retour du Messie est le bouleversement final de la saga du Messie. Scénarisé par Mike Carey et Matt FractionLe Retour du Messie aurait pu être l’événement de trop. Il est sombre et ose provoquer le drame tout en jouant sur des thématiques et des références parfois risquées. Mais le résultat est bluffant.

Contrairement à la plupart des événements précédents, Le Retour du Messie ne se perd pas dans les multiples équipes engagées dans l’aventure. Il ne disperse pas inutilement ses membres. La narration est fluide, et se laisse savourer entre les pages de Clayton Crain et David Finch. L’événement fait état d’un nouveau statut. Cependant, il reste difficile d’accès à quiconque ne connait pas les motivations de la X-Force, et le caractère en constante évolution de Cyclops.

UNCANNY X-FORCE (2010)

Dirigée par Rick Remender, la X-Force connaît un renouveau suite aux conséquences du Retour du Messie. Tout laisserait penser à une redite de la X-Force précédente, mais la composition de l’équipe change au même titre que l’équipe artistique. Aucune référence n’est faite de l’équipe précédente, sinon au sujet d’une redéfinition de la X-Force lors du premier numéro. Il résume convenablement la situation mutante et donne les informations nécessaires au nouveau lecteur.

Rick Remender trouve avec la X-Force un moyen de déployer un titre mutant en marge des événements qui vont suivre. Et ce, tout en conservant Wolverine comme leader de l’équipe. Il excelle sur le titre et se fait remarquer avec son troisième arc : Dark Angel Saga. Il s’agit tout autant d’une lecture recommandée pour les fans des X-men, de Wolverine, mais également de Deadpool, qui a rarement été aussi bien écrit. 

Rick Remender assure une composition fidèle à la série précédente avec un ton sombre et des personnages torturés par leurs passés. S’y ajoute un humour décalé et surprenant – devinez quel personnage joue la carte de la dérision. Remender est accompagné aux pinceaux par son compagnon de route, Jerome Opena. Uncanny X-Force recycle l’humour et la violence de leur création passée : Fear Agent. Un sombre bijou qui n’a pas son pareil et se hisse comme le meilleur titre X-Force jusqu’à ce jour.

X-MEN : SCHISM (2011)

Jason Aaron va tenter de tenir lui aussi une part de l’univers mutant sous sa direction. Pour cela, il pousse jusqu’à l’éclat les rapports entre Cyclops et Wolverine. Très orienté politique, Schism n’est qu’une simple conséquence de la voie suivie par Cyclops. Schism apparaît comme une simple histoire des X-men avec une prise de décision de l’éditeur. Cet événement bref manque de causes. Il est l’application d’une décision éditoriale afin d’amener à la création d’une nouveau titre et d’un relaunch mutant avec Regenesis. En somme, Uncanny X-men et X-men reviennent au numéro 1 avec des compositions et philosophies différentes.

Vendu comme un événement sensationnel, et illustré par les grands noms ayant marqué l’histoire des X-menSchism profitait d’une promotion exagérée. Avec un certain recul, cette mini-série n’a rien d’un événement sinon une conséquence majeure. Elle constitue une bonne introduction à la lecture de Wolverine and the X-men, sans être nécessaire. Schism est un acte manqué. Une lecture importante pour quiconque s’intéresse au travail de Jason Aaron sur les mutants.

WOLVERINE AND THE X-MEN (2011)

Wolverine s’en va poursuivre le rêve du Professeur Xavier et ouvre son institut : l’institut Jean GreyJason Aaron va lancer ce titre aux côtés de Chris Bachalo, puis Nick Bradshaw. Son travail est simplement mémorable, et se permet – par exemple – d’envoyer Wolverine, directeur de l’institut, dans l’espace pour une partie poker. Entre autres folies pour lesquelles on connaît le scénariste. 

Wolverine and the X-men est un titre à part sur tous les plans. Il est prisonnier de la folie de Jason Aaron. Mais il profite d’une narration et d’une esthétique très soignée. Le titre croisera le chemin de l’événement Avengers VS X-men, pour s’extraire définitivement des événements suivants. Cependant, il n’échappe pas aux projets de Marvel : relaunch et décision éditoriale majeure concernant Wolverine.

ET ENSUITE ? AMAZING X-MEN #1-6 (2013)

Suite aux diverses relances de MarvelAmazing X-men annonce le retour de Diablo sous la plume de Jason Aaron pour un arc final, marquant la fin du travail du scénariste sur l’univers mutant. Un salut final de l’auteur aux côtés de Ed McGuinness. Et cet arc est aussi bien à recommander pour les lecteurs de Wolverine and the X-men que pour les lecteurs de la Saga du Messie.

Touchant et amusant, c’est dans un univers onirique que va se dérouler cette aventure. Elle rassemble tous les éléments iconiques liés à Diablo (monde fantastique, l’univers de la piraterie) et se présente comme une lettre d’amour à la mini-série de son créateur, Dave Cockrum réalisée en 1984. Cependant, les épisodes suivants de la série sont bien plus dispensables et causeront l’arrêt de la série après une dizaine de numéros.

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