I – Découvrir les X-men

II – Les Intégrales (I) : 1963 – 1975

III – Les Intégrales (II) : 1975 – 1999

IV – Les années 2000

V – L’Ère du Messie

VI – Marvel Now, Reboot ?

VII – Récits Recommandés


II – LES INTÉGRALES (I) : 1963 – 1975

En France, les X-men connaissent une forte popularité et une publication régulière dès leurs débuts. Introduits dès le premier numéro du magazine Strange en 1970 , l’équipe fait son chemin avant de se voir octroyée une place importante et régulière dans le Special Strange à partir du sixième numéro. Et ce, jusqu’à la disparition du magazine. Une période qui s’étend de 1976 à 1996. Après ça, l’équipe ne disparaît pas pour autant. Elle obtient son propre magazine chez Semic en 1992. De plus, Panini Comics va poursuivre l’oeuvre des éditeurs précédents à travers un nouveau magazine. Il réédite également leurs aventures passées dans une collection Intégrale, bien connue des lecteurs de comics.

L’option de la lecture des intégrales est le point d’entrée parfait. Le lecteur retrace toute l’histoire de l’équipe, ses changements de scénaristes et ses directions éditoriales. Mais les intégrales ne sont pas toutes obligatoires et contiennent, elles-mêmes, plusieurs points d’entrés envisageables. L’équipe des X-men est un cas assez particulier, puisqu’elle subit des modifications marquantes, rendant certaines lectures obligatoires. La collection des intégrales n’oblige pas le lecture à se lancer en telle année. Mais il invite à découvrir une production étendue, et a le mérite de contextualiser. Elle laisse au lecteur toutes les clés pour se forger son propre avis – outre une traduction discutable.

Pour la VO Marvel compile facilement les récits majeurs. L’éditeur se reposait sur ses collections Essentials, mais s’intéresse de nouveau à la rétrospective avec les Epic Collection. Toujours est-il que l’accès à ce contenu intégrale est presque exclusif à la VF pour le format papier. Il vous faudra sinon vous tourner vers les plate-formes digitales en VO.

1 – X-MEN (1963 – 1966) : PREMIERS PAS PRÉ-MUTATION

Ce premier volume présente l’équipe telle qu’elle a été créée par Stan Lee et Jack Kirby. Sorte de brouillon s’appuyant plus sur ses thèmes que sur l’histoire d’une équipe, l’ébauche des X-men n’en reste pas moins emblématique, de même que la création progressive de son univers (Magneto, les Sentinelles, etc.). L’introduction des personnages présente des caractères fondamentaux. Ceux-ci évolueront grandement au fur et à mesure, autant pour les ennemis que pour les héros.

Commencer avec les récits de Stan Lee et Jack Kirby a cette valeur de vision d’origine. Ils permettent une découverte des X-men de manière chronologique. Le run de Jack Kirby et Stan Lee ne dure qu’une vingtaine de numéros. Il faut dire qu’ils tenaient ensemble les titres Marvel dans l’attente de nouveaux artistes. Et tenaient à lancer ensemble les nouveaux titres. On trouve dans ce run les concepts fondamentaux. Des caractères proches des 4 Fantastiques : Iceberg et le Fauve se chamaillent, Angel les sépare, et Cyclops tient le rôle de leader.

Dès le premier numéro, Jean Grey apparaît comme la nouvelle. Comme toutes les femmes écrites sous la plume de Stan Lee, elle tient le rôle de greluche maladroite, de mannequin. Il en va de même pour les ennemis de l’équipe. La confrérie des mauvais mutants sera rapidement créée et compte Scarlet WitchQuicksilver, et Toad, le tout sous la direction de Magneto.

Le problème majeur de ce point d’entrée est la dimension kitsch très forte. Associés à des ennemis caricaturaux, le manque de convictions peine à rendre la menace crédible. C’est certainement pour cette raison que l’arc des Sentinelles se démarque autant. Il comporte les thèmes de sacrifice, d’intelligence artificielle supérieure et dominatrice, qui font de la menace quelque chose de terrifiant. Des thèmes chers à Jack Kirby.

Si l’envie (et le courage) vous en dit, je vous invite à vous lancer dans cette lecture chronologique. Elle vous conférera un recul sur l’évolution de l’équipe. Ensuite, il est tout à fait logique de poursuivre l’aventure avec le run de Roy Thomas.

Récits marquants :

  • Uncanny X-men #10 : The Coming of… Ka-Zar !
  • Uncanny X-men #14-17 : Among Us Stalk… The Sentinels !

ET ENSUITE ? X-MEN (1966 – 1970)

A partir de 1966, Roy Thomas, le bras droit de Stan Lee, reprend le titre. Il commence par écrire les dialogues des histoires écrites par Stan Lee, pour ensuite prendre le contrôle du titre. L’emprunte de Stan Lee reste présente. Les histoires des X-men sont anecdotiques. Ils se battent contre des ennemis plus ou moins ridicules comme Mimic – copieur de pouvoirs.

Roy Thomas va travailler avec divers dessinateurs : Werner RothRoss AndruGary Friedrich. Mais on retient surtout de ce run sa collaboration avec Neal Adams. L’arrivée de Neal Adams est à la fois la révélation de l’artiste, mais aussi la dernière chance pour les X-men de séduire. Contrairement à ce que certains documentaires ou sites internet peuvent laisser croire, les X-men n’ont pas du tout eu la côte. Ils ont surpris le public à la création. Mais le comics a vite été banalisé comme titre de science fiction parmi d’autres, la faute à des histoires répétitives.

Le travail de Roy Thomas est souvent sous estimé. Tout d’abord parce qu’il a marqué l’arrêt des comics X-men pour quelques années. Pourtant, Roy Thomas a introduit des sujets réutilisés par la suite pour les X-men par Claremont : l’idée d’une île pour les mutants, ou encore la mort de certains personnages. La tonalité dramatique entre pour le première fois en contact avec la dimension surnaturelle des mutants dans un monde semblable au notre, alors que Stan Lee banalisait le tout comme récit de science-fiction.

Les numéros 49 et 50 scénarisés par Arnold Blake vont changer le ton du titre avant sa fin précipitée. Les mutants sont présentés comme une communauté discriminée, en quête d’un refuge, avec une relation plus nuancée dans le rapport héros/malfaiteurs. De là, Roy Thomas va poursuivre ce ton tout en y intégrant son idée d’aventures variées. Pour l’anecdote, alors que Roy Thomas cherchait à relancer les ventes du titre X-menChris Claremont était stagiaire chez Marvel et triait le courrier des lecteurs pour Uncanny X-men. Il dira plus tard qu’il appréciait énormément le travail de Roy Thomas et Neil Adams, et ne comprenait pas ce problème de vente.

Le travail de Roy Thomas est malheureusement dispensable, tout en constituant une influence importante vis à vis des X-men actuels. Il ne s’agit pas réellement d’un point d’entrée, mais une époque dans laquelle il vaut mieux se replonger plus tard si l’envie vous en dit.

Récits Marquants :

  • Uncanny X-men #41 : If I Should Die… !
  • Ucanny X-men #49-54 (numéros écrits par Arnold Drake)
  • Uncanny X-men #55-59 : The Living Pharaoh

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